La Sûreté du Québec a officiellement ouvert une enquête suite à un rassemblement controversé tenu la fin de semaine dernière à Shawinigan, où des propos à caractère potentiellement haineux ont été proférés. L'objectif de cette investigation est de déterminer si des accusations d'incitation à la haine pourraient être portées en lien avec les événements.
C'est au parc des Vétérans de Shawinigan que s'est déroulée cette manifestation samedi. Une banderole affichant le message «Je me souviens d’un Québec blanc» a été déployée, et une photographie de l'incident a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vive indignation.
La classe politique québécoise a été unanime dans sa condamnation. Dès dimanche, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer le caractère raciste de l'événement. Lundi, la Ville de Shawinigan a également réagi par voie de communiqué, exprimant son désaccord et précisant qu'aucune demande officielle n'avait été soumise pour l'organisation de ce rassemblement.
Kim Dumais, directrice générale de la Ville, a tenu à clarifier la situation : « Plusieurs personnes se sont demandé si les images et la manifestation étaient vraies. Or, une chose est certaine: à la lecture des commentaires, on constate qu’il reste du travail à faire. » Elle a réitéré l'engagement de la Ville à œuvrer, en collaboration avec ses partenaires, pour un milieu de vie « sécuritaire, accueillant et respectueux pour toutes et tous ».
Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, s'est dit « surpris » par une telle démonstration. En point de presse à Québec lundi après-midi, il a insisté sur le fait que « ce n’est pas comme ça qu’on est au Québec. Les Québécois sont très accueillants. » Il a exprimé l'espoir qu'il s'agisse d'un « petit groupe » et d'une « action limitée », tout en ajoutant qu'il serait « très sensible à ça dans les prochaines semaines » et que la situation le « préoccupe ».
M. Lafrenière a également souligné l'importance pour les autorités policières de « voir ce qui est arrivé vraiment » durant cet événement. Fort de son expérience passée au Service de police de la Ville de Montréal, notamment au renseignement, il a rappelé que ce genre de groupes était autrefois « gardé à l’œil ». « Toutes les opinions sont correctes, ce n’est pas ça le point. Mais quand on voit des gens qui peuvent se radicaliser, oui, il faut les avoir à l’œil. Puis quand on voit ce genre de propos là, oui, il faut les avoir à l’œil aussi », a-t-il conclu, insistant sur la vigilance nécessaire face aux discours haineux.



